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La bataille du Chemin des Dames. Histoire et mémoires, 22 mars 2017

Hélène Bernard, rectrice de l'académie et chancelière des universités lance une invitation pour assister à la conférence de Rémy Cazals organisée par le Comité académique du centenaire de la Première Guerre mondiale de l'académie de Toulouse intitulée : La bataille du Chemin des Dames. Histoire et mémoires (1917-2017). Cette conférence se déroulera au lycée Pierre de Fermat à Toulouse le mercredi 22 mars 2017 de 14h30 à 17h00.

            Pour gérer le nombre de places disponibles, les inscriptions doivent être adressées à Cedric.Marty1@ac-toulouse.fr en précisant bien vos nom et prénom.



La bataille du Chemin des Dames. Histoire et mémoires (1917-2017)

« Cette trace de sentier, qu'on reconnaît quand même à son usure, bouleversé par les entonnoirs, c'est le Chemin des Dames. [...] Ce n'était que ça, ce chemin légendaire : on le passe d'une enjambée... [...] Ils sont là, trois cent mille, Allemands et Français, leurs bataillons mêlés dans une suprême étreinte qu'on ne dénouera plus, trois cent mille sur qui des mamans inquiètes s'étaient penchés quand ils étaient petits, trois cent mille dont de jeunes mains caressèrent le visage.
Trois cent mille morts, cela fait combien de larmes ? »

Roland Dorgelès, Le Réveil des morts, 1923

        En quelques mots, Roland Dorgelès pose le lien étroit entre le déroulement de cette offensive et ses traces sur les paysages et les hommes. Revenir sur l'histoire de cette bataille, c'est porter son regard sur un lieu où la guerre s'est enlisée en 1914, sur un secteur relativement calme en 1915-1916 mais qui devient un calvaire pour le million d'hommes rassemblés en avril - mai 1917 pour prendre part à une opération donnée comme décisive. Se heurtant à des positions allemandes bien organisées et peu ébranlées par la préparation d'artillerie, dans la neige et la boue, les Français perdent 100 000 hommes en quinze jours. Cet échec cristallise autour du Chemin des Dames un ensemble de discours qui nous invitent à nous interroger sur les enjeux de cette bataille, les expériences des combattants qui y participèrent, le lien que l'on peut établir entre l'événement lui-même et les mutineries qui se produisirent dans plus de la moitié des unités françaises au printemps 1917 et les nombreuses « mises en récit » et polémiques qui ont nourri les mémoires de ce « chemin légendaire » jusqu'à aujourd'hui.
        Cette rencontre sera également l'occasion de proposer une réflexion didactique sur l'enseignement de la Grande Guerre à partir de cette bataille et de présenter des ressources et des outils exploitables en classe.

Présentation de Rémy Cazals

       

Professeur émérite d'histoire contemporaine, Rémy Cazals promeut une écriture de l'histoire tenant compte des hommes et des femmes « ordinaires » confrontés à des événements extraordinaires, qu'il s'agisse d'étudier des bouleversements politiques, économiques et sociaux ou des guerres. En 1974, sa thèse plonge le lecteur avec les ouvriers de Mazamet (dans la grève et l'action quotidienne, 1909-1914). Il s'appuie entre autres sur des sources orales pour donner la parole à ceux dont on parle mais qui s'expriment peu.

      Le succès des carnets de guerre de Louis Barthas [1978] ouvre la voie à d'autres publications de témoignages marqués par une grande diversité. Dans cette galerie de témoins se côtoient des combattants issus d'une même famille (Marthe, Joseph, Lucien, Marcel Papillon), liés par une même entreprise (Brusson Jeune), servant dans des armes différentes et d'origines sociales diverses ; on y croise également des prisonniers de guerre (Hans Rodewald, Antoine Bieisse, Fernand Tailhades), des non-combattants mobilisés dans l'arrière-front (Raoul Berthelé, Albert Vidal), des civils pacifistes (Jules et Marie-Louise Puech),... Autant de voix qui rappellent la pluralité des expériences et permettent d'appréhender la Grande Guerre dans toute sa complexité [2012].
       L'attention portée aux témoignages amène Rémy Cazals à défendre au début des années 2000 une prise en compte de l'épaisseur sociale de la Grande Guerre dans des articles et des ouvrages [2001] et à participer à la fondation du CRID14-18 (Collectif de recherche international et de débats sur la guerre de 1914-1918). Membre du Conseil scientifique de la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, il poursuit son travail de recension et d'analyse des témoignages, enrichissant et affinant ainsi notre connaissance de la période.

Parmi les nombreux ouvrages de l'auteur :
Avec les ouvriers de Mazamet (dans la grève et l'action quotidienne, 1909-1914), Paris, Maspero, collection du Centre d'Histoire du Syndicalisme, 1978, 350 p. [2 e éd. revue et augmentée, Carcassonne, CLEF 89, 1995].
Avec Marc Ferro, Malcolm Brown et Olaf Mueller, Frères de tranchées, Paris, Perrin, 2005.
Avec Frédéric Rousseau, 14-18, le cri d'une génération, Toulouse, Privat, 2001.
Avec Nicolas Offenstadt (dir.), Le Chemin des Dames. De l'événement à la mémoire, Paris, Stock, 2004
Avec André Loez, 14-18, Vivre et mourir dans les tranchées, Paris, Tallandier, 2012.
(Dir.), 500 témoins de la Grande Guerre, Toulouse, Editions Midi-Pyrénéennes, 2013.

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