Cet espace est dédié aux personnels de l'éducation.
Nous vous présentons à titre d'exemple et non de modèle, l'historique de la cellule de veille educative d'Empalot, dont le fonctionnement partenarial est explicite dans le compte-rendu de la réunion du groupe departemental ZEP du 15 decembre 2004.
Présentation lors de la réunion du Groupe départemental Zep du 15 décembre 2004, à la demande de M. l'Inspecteur d'Académie, comme une des possibilités de fonctionnement de Cellule de veille, en aucun cas comme modèle.
Depuis les années 60, Empalot connaît une forte culture partenariale. Des pratiques innovantes entre associations et associations et institutions voient le jour :
En mai 1999 , une journée réunit tous les acteurs du quartier pour un diagnostic partagé et des préconisations concertées.
Comme dans la plupart des quartiers en DSU, il en ressort une aggravation des conditions de vie des habitants, une désintégration grandissante du tissu social.
Tous les travailleurs sociaux, les associations, les enseignants apportent déjà des solutions aux cas les plus urgents, y compris en partenariat, mais cela ne suffit plus à contenir la montée des violences, de l'insécurité, des situations de détresse.
En octobre 1999 , le CLS est signé. Une fiche action spécifique à Empalot, la fiche 50 , est rédigée à l'initiative du Juge d'enfants Guichard, qui déplore que 80% des affaires qu'il a à traiter sur Empalot lui arrivent au Pénal, alors que la situation s'est dégradée. Il préfèrerait être saisi en amont, afin de prononcer des ordonnances d'ordre préventif et éducatif.
Elle est intitulée "proposer, à titre expérimental, un mode opérationnel de traitement des mineurs délinquants ou en danger".
Il y est repris la constatation de la montée en puissance
Mis en place également à l'initiative du Juge Guichard, il est placé sous la responsabilité du Procureur de la République pour les majeurs, et du Juge d'enfants pour les mineurs.
Il est présenté comme le volet répressif du nouveau dispositif, laissant au projet "fiche 50" l'aspect préventif et éducatif. En réalité, le cloisonnement est atténué par la présence simultanée dans les deux instances, de certains partenaires (PJJ, Club de Prévention, Education nationale, etc.).
Il s'agit de mettre en œuvre une dynamique afin de retrouver la paix sociale, par des actions concrètes et efficaces.
Les partenaires concernés sont le Parquet, les bailleurs, les services pénitentiaires, la police, la PJJ, le Club de prévention, le Service d'aide aux victimes, la Mairie, la Semvat, la ZEP, la MJD.
Les réunions consistent en un tour de table de présentation des difficultés rencontrées sur le terrain ; chaque problème est débattu pour la recherche de solutions.
Des commissions thématiques réunissant des agents de première ligne, complètent le dispositif.
Parallèlement, un important travail partenarial est entrepris, sous la responsabilité du Conseil Général (coordonné par M. Durand, conseiller technique DSD chargé des clubs de prévention et de la Politique de la Ville). Il durera presque une année et accouchera d'un double dispositif.
Opportunité :
Devant les situations d'enfants et d'adolescents "engagés dans des processus de rupture (familiale, scolaire, sociale), pouvant aller jusqu'à des actes de délinquance", on souhaite "renforcer les interventions préventives auprès des enfants et adolescents en risque, en favorisant la protection administrative de préférence au recours à l'autorité judiciaire (enfants en risque selon la loi du 10.7.89 : "qui connaît des conditions d'existence risquant de mettre en danger sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation et son entretien" , mais qui n'est pas forcément maltraité)".
S'il y a lieu, il s'agit de solliciter la Justice en amont du pénal, aux fins d'assistance éducative et seulement après évaluation des services socio-éducatifs du CG.
Deux indicateurs symptômes d'une problématique éducative :
d'où la création d'un Réseau d'observation et d'interventions préventives, avec deux points d'entrée : Réseau Rue et Réseau Ecole et un point d'arrivée : l'équipe interinstitutionnelle, instance d'information et d'évaluation interpartenariale chargée d'examiner les situations individuelles.
D'aucuns taxèrent ce dispositif, certes un peu indigeste au départ, d' usine à gaz ... Ils avaient un peu raison... Nous avions péché par excès de zèle. Rapidement, l'Instance Interpartena-riale et le Réseau Ecole ne feront plus qu'un.
Objectifs :
Le Réseau Rue :
La température du quartier et les actions collectives. Mise en cohérence du regard, des réponses.
L'objectif est de mettre en commun les informations relatives à des faits à l'échelle du quartier, où sont en jeu des préoccupations d'ordre éducatif, afin de mettre en cohérence les actions des partenaires, voire de développer des réponses collectives à finalité préventive.
Coordination : Chef de projet DSU (Mairie)
Participants : Club, bailleurs, DSD, associations socio-éducatives habilitées (ex. Agop-Apf) services et associations socioculturels, socio-éducatifs ou sportifs, Education nationale, PJJ, Police de proximité (îlotiers), AEPS, associations de parents et d'habitants. Le Procureur y sera invité ponctuellement.
NB : Avec la création du GLTD et de ses groupes de travail, puis du GPV et de sa commission Prévention, le Réseau rue finira par faire doublon (voire plus) et sera abandonné juste avant la Veille éducative.
Le Réseau Ecole :
Traitement des cas individuels et nominatifs, soumis aux règles de confidentialité (notion de "secret partagé")
Fonctionnement :
Il consiste, dans un 1er temps, dans chaque établissement scolaire, en une concertation à titre préventif : identifier les problèmes à partir de la scolarité, établir une liste d'élèves qui seront évalués en vue d'une éventuelle prise en charge socio-éducative.
Dans un 2nd temps, il s'agit de présenter ces cas à la réunion partenariale.
Participants, sous la responsabilité de la Responsable de la Circonscription d'action médico-sociale :
Représentants des établissements scolaires :
Club de Prévention, associations habilitées, PJJ, plus tard le CMP.
Le cadre :
Les deux Réseaux se réunissent alors trimestriellement.
Le Réseau Rue devient Comité de Veille , le Réseau Ecole Cellule de Veille.
Sylvia Siarri, Coordonnatrice Zep Toulouse Empalot