de Élisabeth Bautier
La question de la langue est à nouveau à l’ordre du jour car elle est le lien de production et de stigmatisation des différences sociales et culturelles, et des différences par rapport à l’école et au(x) savoir(s).Le danger est grand de passer de la prise en compte et de la re connaissance dans l’institution scolaire des usages quotidiens des jeunes au maintien de ces derniers dans une marginalisation linguistique et sociale.
La raison scolaire : école et pratiques d’écriture, entre savoir et pouvoir,
de Bernard Lahire, Presses Universitaires de Rennes.
La littérature sociologique sur les cas de réussites scolaires et/ou sociales d'individus originaires des milieux populaires est riche d'hypothèses interprétatives toutes aussi intéressantes les unes que les autres. On se rend compte assez vite, toutefois, qu'il faut dépasser ces cas singuliers et essayer de comprendre quelle place spécifique prennent, dans les processus de réussite scolaire en milieux populaires, les pratiques d'écriture ou de lecture parentales (ou leur absence) et les relations que les parents tissent (ou ne tissent pas) avec leurs enfants autour de l'écrit
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(intervention d'Evelio Cabrejo-Parra au Salon de l'école organisé le 20 janvier 2003 au Centre Iufm-Antony Val de Bièvre)
Evelio Cabrejo-Parra est psycholinguiste et psychanalyste, il est aujourd’hui vice-président de l’association Accès qui travaille beaucoup sur la petite enfance et qui fait un travail énorme depuis de longues années ; vous connaissez certainement le nom de René Diatkine, qui fut fondateur de cette association avec Marie Bonnafé.
de Michèle Petit, extrait de « Eloge de la lecture », la construction de soi, éditions Belin
Dans des sociétés peu lettrées, lire un livre, c'était s'égarer dans un monde dangereux, affronter le diable. Une telle peur fait sourire de nos jours où tout un chacun chante les plaisirs de la lecture et déplore les méfaits de l'illettrisme. Et pourtant...
de Michèle Petit, extrait de « La littérature dès l’alphabet », dirigé par Henriette Zoughebi, Gallimard Jeunesse
de Nada Moghaizel Nasr
Ce qu’enseigner m’a appris « Images écrites » éditions Dar An-Nahar, Liban, fév. 2004, p.103
Les marges sont des trottoirs « Images écrites » éditions Dar An-Nahar, Liban, fév. 2004, p. 97
Un mot d’excuse « Images écrites » éditions Dar An-Nahar, Liban, fév. 2004, p. 25
de Jean-Claude Guillebaud
On doit échapper à l'alternative du dehors et du dedans: il faut être aux frontières. La critique, c'est l'analyse des limites et la réflexion sur elles.
(Michel Foucault, Dits et écrits 1954- 1998)
Les lecteurs font penser à ces villageois de l'Égée qui dévalisaient les ruines de Délos, l'île sacrée de l'Antiquité, pour construire leurs maisons : chacun chargeait dans sa barque ce dont il avait besoin, une colonne, quelques plaques gravées, une statue de marbre, et il les transformait en linteaux de portes, en marches d'escalier, en chaux.
Tout récit de lecteur comporte une évocation des phrases, des histoires qu'il a emportées et qui ont donné lieu à des réemplois, des transpositions souvent insolites, pour édifier sa maison intérieure. Il y a ainsi dans la lecture une dimension d'appropriation, voire de chapardage ou de détournement, dont on ne prend pas assez la mesure, probablement parce qu'elle a toujours effrayé, dès lors qu'aucune autorité ne peut jamais contrôler la façon dont un texte va être lu, compris, interprété.
C'est pourtant en prêtant attention à ces étonnants « braconnages' » auxquels se livrent discrètement les lecteurs que l'on comprend pourquoi chacun doit pouvoir accéder, dès le plus jeune âge, aux livres, et en particulier aux oeuvres littéraires.