Une minute avec...Catherine Marti, AESH au collège Jacqueline Auriol à Villeneuve-Tolosane

Catherine Marti est accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH) au collège Jacqueline Auriol à Villeneuve-Tolosane (Haute-Garonne). Elle se prépare aujourd'hui au concours de professeur des écoles. Découvrez ci-dessous son portrait :  

 

Quel est votre parcours ?

Mon parcours est à la fois atypique et très logique. Je suis arrivée en France en 91 dans un système scolaire très différent du mien. J’ai obtenu un Bac C (scientifique). J’ai fait prépa HEC maths à Toulouse : ça a été un échec extrêmement difficile à vivre malgré mon implication dans le travail. J’ai donc basculé en deuxième année de droit mais l’ambiance compétitive ne me convenait pas. Finalement, j’ai rejoint l’université du Mirail pour étudier les sciences de l'éducation mais j'étais épuisée. J’ai donc décidé de partir dans la vie active en tant que vendeuse, hôtesse d’accueil, hôtesse bilingue… mais j’avais envie de trouver un sens à mon métier. Je voulais de l’humain. J’ai eu le déclic : ce qui me plait, c’est l’École. Une conseillère d’orientation m’a proposé le métier d'AESH et c'est là que tout a commencé. Je suis aujourd’hui AESH au collège Jacqueline Auriol à Villeneuve-Tolosane.

Et en quoi consiste votre métier d’AESH ?

J’accompagne les enfants à besoins particuliers : haut potentiel, trouble dys (dyspraxiques, dyslexiques, dysphasiques), problèmes d’expression comportementale, problèmes moteurs, maladies dégénératives, spectre de l’autisme… Je ne suis pas là pour les « aider », je les accompagne. Parce que je ne suis pas à leur place et je ne fais pas le travail à leur place. Je les accompagne et je trouve des solutions pour qu’ils puissent avoir accès aux apprentissages et aux meilleurs de leurs potentiels. Mon métier consiste à être avec eux et à faire le pont entre le handicap, la difficulté ou le trouble de l'enfant, et l’enseignement.

Un AESH est sur le terrain, mais pas que. On participe également à des réunions de travail avec les équipes éducatives, où nous échangeons avec les divers professionnels. Et nous participons à des formations sur la posture de l'éducateur, sur les apprentissages, sur les différentes didactiques, pédagogies…

Comment vous organisez-vous avec les autres AESH ?

On est une dizaine d’AESH au collège, avec des emplois du temps différents. Pour vous donner un exemple, il y a les enfants à notification mutualisée et individualisée. Pour les notifications individualisées, il faut un accompagnement permanent. J'ai un élève qui est dans ce cas-là, que j'accompagne pendant ses cours et sur sa pause méridienne. J’ai aussi deux autres élèves que je vois une heure par semaine en appui d’une autre AESH. On s’organise selon notre quotité horaire et selon nos spécialités. Je suis spécialisée en trouble dys et en trouble du comportement.

Pour nous organiser, nous avons une référente qui s'occupe de répartir les heures, de nous guider dans nos missions, de nous fournir des ressources.

Et en classe, comment ça s'organise avec le professeur ?

Il faut être extrêmement discrète pour ne pas gêner le cours, être réactive, être vigilante, être créative, trouver la bonne posture, avoir de la réflexivité sur soi-même.

Concrètement, le professeur propose un enseignement. Notre rôle n'est pas de le seconder ni de toucher aux fondamentaux. Mais parfois, nous en discutons en amont : « je vais faire une évaluation. Est-ce que tu penses que cet élève est prêt ? ». On peut alors mettre en place le PAP (plan d’accompagnement personnalisé) : soit un allègement des questions, soit une difficulté différente, soit un aménagement. Cela permet à l'élève d'être noté comme les autres. Il y a beaucoup de concertations et d'échanges avec le professeur.

Qu'est- ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

L'humain. C'est un métier extraordinaire parce que c'est une surprise chaque jour. Chaque échange que j’ai, que ce soit avec les enseignants et les élèves, est très enrichissant.

Pourquoi voulez-vous passer le concours pour devenir professeure aujourd’hui ?

C'est assez logique, finalement. J'ai toujours aimé l'école et grâce au terrain, j'ai rencontré des enseignants absolument extraordinaires qui sont devenus des conseillers pour moi. Ces enseignants-là m'ont montré à quel point ce métier est beau. À ma manière, j'ai envie de pouvoir donner encore plus que ce que je donne aujourd'hui. Et si je deviens un jour professeure, j'espère ne pas oublier ce que ça a été d'être élève et ne pas oublier ce que j'ai vécu en tant qu'AESH.

Comment vous préparez-vous au concours ?

Je tente le concours du CRPE en externe cette année, j’espère le réussir. En parallèle, j'ai repris mes études en sciences de l'éducation avec une mineure PE (professorat des écoles) qui me permet d’acquérir les fondamentaux. Je travaille le soir et je suis très soutenue par mes collègues dans cette préparation.
Je m'y prépare aussi en échangeant beaucoup avec les enseignants car il y a la théorie et le terrain.

Qu’est-ce qui vous attire le plus dans le métier d’enseignante ?

C’est de pouvoir partager des moments exceptionnels avec les élèves autour des connaissances. J'ai vu des enseignants qui avaient l'air de tellement aimer leur métier, qu’ils me l’ont transmis. Pour moi, le plus important, c'est que l'école soit bien vécue. C'est un lieu super important parce que c'est l'endroit où le monde adulte et le monde de l'enfance sont réunis, se serrent la main. Et j'ai envie d'être là, d'être ce pont.

Quelle est votre devise dans la vie ?

« Victor Numquam Cedit » en latin. En français, c'est « celui qui est victorieux n'abandonne jamais ». C'est une devise qui me poursuit. Cette persévérance est très importante pour moi.

Quel est votre mentor ?

Je citerais deux enseignantes de primaire qui s'appellent Geneviève S.et Leslie R., qui m'ont énormément apportée, qui m'ont donné confiance en moi et qui m'ont encouragée. Si je suis aujourd'hui sur les bancs de la fac et si j'ai goût à ce métier, c'est grâce à elles.

Si vous étiez une œuvre ?

«  Une figure flottante » de Kandinsky. C’est un tableau qui m'a toujours fascinée et que j'ai beaucoup utilisé aussi comme support en animation.

Mise à jour : décembre 2023