A la rencontre d'une enseignante engagée à l'internat

Elle enseigne les Lettres et l'Histoire depuis 2002 au lycée Jean de Prades de Castelsarrasin. Formatrice académique, tutrice, référente Laïcité-Valeurs de la République — Viviane Schievene est de celles s’engagent avec conviction, proposant des « projets plaisir ». Rencontre avec une pédagogue engagée, qui croit profondément que l'internat d'excellence est bien plus qu'un hébergement : un espace pour grandir, s'ouvrir et prendre soin de soi.

Pouvez-vous vous présenter — vos fonctions, vos missions, votre ancienneté au lycée ?

Professeure de Lettres-Histoire depuis 2002 au lycée Jean de Prades de Castelsarrasin (sur les sections porfessionnelles), j'ai traversé bien des rôles au fil des années : formatrice académique, tutrice d'enseignants stagiaires, coordonnatrice d'examens, et référente Laïcité-Valeurs de la République. Autant de casquettes portées avec le même fil conducteur : être là, utile, engagée.

Aujourd'hui, je suis avant tout une porteuse et semeuse de projets innovants — ce que j'aime appeler mes « projets plaisir ». Des initiatives qui ne tiennent que par l'énergie de ceux qui les portent, à la recherche de partenaires extérieurs impliqués et bénévoles, prêts à s'embarquer dans les actions que je mène, seule ou accompagnée.

 

 

Quel est le sens de votre engagement dans le système éducatif ?

“Apprendre à apprendre. Emmener. Encourager. Transmettre par la pédagogie de projets”. Ce sont mes quatre piliers. L'école n'est pas seulement un lieu de savoirs — c'est un terrain d'expériences, de rencontres, de transformations. Mon engagement, c'est celui d'une enseignante convaincue que chaque élève porte en lui quelque chose à révéler, et que notre rôle est de créer les conditions pour que cela advienne.

 

Quelle est votre définition d'un internat d'excellence ?

« Être hébergé dans mon établissement — me sentir bien chez l'Autre. »

C'est peut-être la définition la plus juste que je puisse donner : l'internat d'excellence, c'est l'art de faire d'un lycée un chez-soi partagé. Un espace où l'on prend soin de sa tête et de son corps, où l'on n'est plus seulement un élève venu apprendre, mais un jeune qui vit, qui grandit, qui existe pleinement dans un cadre bienveillant et stimulant.

 

Comment vous engagez-vous en tant qu'enseignante au sein de l'internat ?

L'internat n'est pas une parenthèse dans ma pratique d'enseignante — il en est le prolongement naturel. Convaincue que l'ouverture sur le monde est une condition de la réussite, je m'engage à faire de l'internat un espace où l'on sort de soi pour aller vers l'autre. Des projets intergénérationnels, des rencontres inattendues, des expériences humaines qui transforment le regard des élèves sur eux-mêmes et sur le monde qui les entoure. L'internat symbolise cette ouverture : il en est à la fois le cadre et le moteur.

 

Quelles sont vos perspectives pour la suite ?

À court terme, continuer les actions liées au lien intergénérationnel — inclusion et sensibilisation aux handicaps, « papotte tricotte » — et franchir la prochaine étape lors de la Transoccitanie, le 1er juin 2026 au départ de Castelsarrasin (82). Cette marche inclusive est organisée par la Ligue Occitanie du Sport Adapté. Nous avons été sensibilisé par deux personnes du comité du Tarn-et-Garonne le 10 avril dernier. Les élèves auront à coeur d'organiser des actions de sensibilisation et de participer à cette marche. 

Pour l'année prochaine, mon souhait tient en cinq mots :

« Me laisser agir ! Autonomie et Liberté. »

Des projets : "OCTOBRE ROSE" à monter en équipe avec une autre enseignante engagée, un partenariat avec des équipes sportives, prévu pour octobre 2026, et la fierté de compter parmi nos alliés les bénévoles des « Amis du Gravil », l'Ehpad "Les hortensias" la Ligue contre le cancer et l'Institut Marie Curie. Une équipe de cœur, des causes qui en valent la peine, et une envie intacte de faire — tout est là.

Mise à jour : mai 2026