Jeudi 28 mai 2026, les élèves du lycée professionnel Jean Durroux de Ferrières-sur-Ariège ont participé au défi de Jonathan Naboulet, athlète tétraplégique : l'ascension du Mont Fourcat en joëlette.
Un défi fou et inédit
L'histoire est née d'un partenariat entre le lycée professionnel Jean Durroux de Ferrières-sur-Ariège et l'association « Trail Sans Limite ». Au mois de mars 2026, Jonathan Naboulet, athlète tétraplégique, était invité au lycée pour présenter son film retraçant l'épopée de sa participation au mythique UTMB. S'en est suivi un échange de grande qualité, avec une présentation de sa joëlette, fauteuil tout-terrain monoroue, qui s'est conclu par un mini-trail aux abords de l'établissement.
Face à la richesse de cette rencontre et à l'intérêt suscité chez les élèves, l'idée de réaliser un véritable trail de montagne a vu le jour et a mûri progressivement. Pourquoi ne pas tenter l'emblématique Mont Fourcat, que les élèves voient tous les jours sans jamais s'en approcher ? Un sommet culminant à plus de 2 000 mètres d'altitude, avec 800 mètres de dénivelé positif.
La préparation
Les élèves se sont préparés physiquement lors des séances d'EPS, notamment en course d'orientation, ainsi qu'au travers de séances plus théoriques où ont été abordées la préparation mentale, l'organisation matérielle, l'adaptation au milieu et la gestion des conditions climatiques.
L'ascension
Le jour J, rendez-vous à 9h au départ du sentier, à 1 200 mètres d'altitude. Dix-sept élèves, accompagnés de Jonathan Naboulet dans sa joëlette, de trois coureurs de l'association « Trail Sans Limite » et de cinq personnels du lycée, se sont élancés dans l'aventure.
La première partie était roulante et ombragée, le rythme soutenu ; il fallait veiller à gérer l'effort pour tenir jusqu'au bout et effectuer des pauses régulières afin de faire tourner les six personnes qui dirigeaient la joëlette, tout en s'hydratant fréquemment.
À 1 500m, après la forêt, il a fallu affronter les difficultés techniques des pentes abruptes, sur un terrain rocailleux et parfois très accidenté. Cela a demandé une grande dépense d'énergie et les premiers signes de fatigue ainsi que diverses douleurs ont commencé à se faire sentir. Tout le monde s'est surpassé, galvanisé par les encouragements de Jonathan.
Un peu plus loin, à la Cabane du pic de la Lauzate (1 870 m), une petite pause s'est imposée. Les élèves ont laissé les sacs afin de s'alléger pour la montée finale. L'objectif n'était plus très loin mais certains élèves, à la peine, ont serré les dents.
La solidarité du groupe s'est naturellement mise en place. Les élèves se sont relayés à la joëlette, se sont encouragés et ont porté le sac de ceux qui en avaient besoin.
À 12h20, arrivée en sprint au sommet du Mont Fourcat (2 001 m). La vue était à couper le souffle, surplombant les vallées ariégeoises. Les élèves ont contemplé à 360° les majestueux sommets pyrénéens encore enneigés. Un spectacle inédit pour la majorité des élèves et un moment suspendu qui invitait à la contemplation.
Après un retour à la cabane du pic de la Lauzate pour une pause pique-nique bien méritée, les élèves ont amorcé la descente. Attention : chaque poste était important autour de la joëlette et la concentration était mise à rude épreuve au regard du terrain accidenté. Chaque rôle a demandé des qualités spécifiques que les élèves ont parfaitement assumées tout au long du périple.
À la descente, le pilote gérait l'allure générale, le freinage et l'équilibre longitudinal. Les deux équipiers latéraux étaient responsables de l'équilibre latéral en poussant ou en tirant. Enfin, l'avant, poste très physique, demandait à la fois de stabiliser, porter, freiner et choisir les trajectoires. La communication et l'écoute étaient primordiales, tandis que Jonathan, en véritable chef d'orchestre, coordonnait l'ensemble de main de maître.
À 14h40, toute l'équipe est arrivée au parking des Brougues (1 200m), fatiguée mais heureuse d'avoir accompli ce petit exploit, ou tout du moins une première pour chacun d'entre eux.
Une expérience marquante
Tout au long de cette journée, les élèves ont été exemplaires, persévérants, solidaires et d'une grande maturité. Au-delà de l'aventure sportive, cette expérience fut l'occasion de réfléchir à la notion de limite, qu'elle soit physique, mentale ou sociale. Elle a montré comment la dynamique de groupe et la solidarité permettent de se transcender et de franchir des barrières que l'on croyait infranchissables.
Après un dernier échange avec Jonathan, les élèves sont repartis la tête remplie d'images et de souvenirs. Ses mots, prononcés au sommet, résonnent encore : « Sans vous, je n'aurais jamais pu être ici. » Et sans lui, les élèves n'auraient jamais pu accomplir tout ce chemin.
Mise à jour : juin 2026








