Les 3e du collège Voltaire de Colomiers participent à la cérémonie de commémoration de l’armistice

Invités par la mairie de Colomiers, les élèves de 3e, dispositif REMOB, du collège Voltaire de Colomiers, accompagnés de leur professeur d’histoire-géographie, ont participé jeudi 8 mai 2026 à la cérémonie de commémoration de l’armistice.

Pour cette occasion, le professeur a travaillé avec ses élèves sur le parcours et l’œuvre de Marc Bloch, résistant, qui va être prochainement panthéonisé.
 
Trois élèves ont lus des textes lors de la cérémonie :

  • « Français et Juif, Juif et Français » L’étrange défaite, 1940 (première partie : « Présentation du témoin »), lu par Leyina : 

« Je suis Juif […]. Je n’en tire ni orgueil ni honte, étant, je l’espère, assez bon historien pour n’ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité […]. 
Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d’un antisémite. […] Je [lui] répondrai, sans plus que mon arrière-grand-père fut soldat, en [17]93 ; que mon père, en 1870, servit dans Strasbourg assiégée ; […] que la France, enfin, dont certains conspireraient volontiers à m’expulser aujourd’hui et peut-être (qui sait ?) y réussiront, demeurera, quoi qu’il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur. J’y suis né, j’ai bu aux sources de sa culture, j’ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, et je me suis efforcé, à mon tour de la défendre de mon mieux. »

  • « Épargner l’enfance » L’étrange défaite, 1940 (troisième partie : « Examen de conscience d’un Français »), lu par Askhab :

« Je n’ai pas, je crois, l’âme inaccessible à la pitié. Peut-être les spectacles que deux guerres successives m’ont imposés l’ont-ils quelque peu endurcie. Il est un de ces tableaux, cependant, auquel je sens bien que je ne m’habituerai jamais : celui de la terreur sur des visages d’enfants fuyant la chute des bombes, dans un village survolé. Cette vision-là, je prie le ciel de ne jamais me la remettre sus les yeux, dans la réalité, et le moins possible dans mes rêves. Il est atroce que les guerres puissent ne pas épargner l’enfance, non seulement parce qu’elle est l’avenir mais surtout parce que sa tendre faiblesse et son irresponsabilité adressent à notre protection un si confiant appel. »

  • « Pourquoi je suis républicain » Les Cahiers politiques, organe clandestin du CGE (Comite général d’études de la Résistance), juillet 1943, lu par Vasilka : 

« La République […] apparaît aux Français comme le régime de tous […]. [S¬]es gloires sont les nôtres et ses défaites sont nos douleurs. Dans la mesure où l’on avait pu arracher aux Français leur confiance dans la République, ils avaient perdu tout enthousiasme […], et se sentaient déjà menacés par la défaite ; dans la mesure où ils se sont redressés contre le joug ennemi, c’est spontanément que le cri de « Vive la République ! » est revenu sur leurs lèvres. La République est le régime du peuple. Le peuple qui se sera libéré […] par l’effort commun de tous ne pourra garder sa liberté que par la vigilance continue de tous. Les faits l’ont aujourd’hui prouvé : l’indépendance nationale […] et la liberté intérieure sont indissolublement liées […]. Ceux qui veulent à tout prix donner au peuple un maître accepteront bientôt de prendre ce maître de l’étranger. Pas de liberté du peuple sans souveraineté du peuple, c’est-à-dire sans République. »

Une action républicaine porteuse de sens pour les élèves du collège Voltaire, engagés dans le devoir de mémoire et la transmission des valeurs citoyennes.

Mise à jour : mai 2026